Boko Haram

Le Cameroun fait face à coup sûr à une rébellion armée et organisée qui a pour objectif de renverser Paul Biya au pouvoir depuis déjà 32 ans (vous le savez, mais ça me fait du bien de vous le rappeler quand même). Cette rébellion aura pour conséquence, si elle est mal gérée de conduire à la déstructuration du système qui régi tout Etat du type ivoirien des années 2000 ou alors scénario catastrophe : du type centrafricain. Je ne suis pas conseiller de Paul Biya, mais je suis déçu et scandalisé par la légèreté légendaire de la communication gouvernementale en ce qui concerne cettedite rébellion :

1- Notre président confond cette rébellion (ce n’est pas Boko  Haram; eux-mêmes ont dit ne pas se reconnaître dans les attaques contre le Cameroun) avec les nationalistes camerounais des années 1950 et ceux des années 1990. (confère son interview donné pour la première fois à l’ensemble de la presse nationale camerounaise, juste avant son départ aux Etats-Unis afin de prendre une photo avec Obama comme une quarantaine d’autres présidents africains : Pauvre Afrique !)

2- Les sorties malencontreuses du Président de l’Assemblée nationale (PAN) : Cavaye Yeguie Djibril (lui-même ressortissant du Grand-Nord) du haut de son perchoir a été le premier à stigmatiser à plusieurs reprises les élites de ces régions de notre pays : « Boko Haram est parmi nous, ici à l’Assemblée nationale ». En parlant de Boko Haram et non de rébellion, il a cristallisé l’attention de l’opinion nationale sur les musulmans (la plupart des élites du Nord sont musulmanes) or une rébellion peut naître au Nord mais ayant des Sudistes comme instigateurs, sympathisants ou membres alors que Boko Haram pour seuls membres : les musulmans (pas de vrais musulmans d’ailleurs). Bref, c’est le président de l’assemblée qui a ouvert la boîte de Pandore.

3- L’appel des Elites de la Lekié : ce qui caractérise une République bananière : c’est « les motions de soutien ». Les motions de soutien sont pour les dictatures ce que l’ADN est à l’être humain. Nous vivons depuis les années 2000, l’invention d’un nouveau sport national au Cameroun : la course aux motions de soutien dont les plus célèbres ont été compilées et publiées  en cinq tomes sous le fallacieux titre : « L’appel du peuple ». Comme d’habitude, ce n’est pas le peuple qui rédige ces motions, mais bel et bien certains copains autoproclamés élites intérieures et extérieures, forces vives et j’en passe. Ce sont des hommes tapis dans l’ombre qui rédigent ces motions et signent au nom de tout le peuple. La dernière sortie des soi-disant « Elites de la Lekié» pourrait être enseignée dans les écoles de communication sous le titre : « L’art de traiter des vrais MAUX avec des faux MOTS.» Les premières victimes de la rébellion qui sévit au Grand-Nord sont les ressortissants de la partie septentrionale du Cameroun. Ils sont tués, pillés ou mutilés, ils vivent dans la peur au quotidien, à aucun moment les « Elites de la Lekié » n’ont eu une pensée pour eux dans leur motion, même pas une ligne sur tant de paragraphes. Pour elles,  ce qui compte c’est d’attirer l’attention du « PRINCE », le peuple meurtri peut attendre.

J’insiste encore pour une dernière fois. L’heure est grave, l’heure est à l’union sacrée. Or pour unir un peuple, il faut prêcher par l’exemple. Des soldats camerounais meurent au front pour la défense de la patrie sans que nos responsables n’interrompent leur congé pour venir leur rendre hommage. Le ministre de la Communication qui affirme qu’il n’y a pas de rébellion contre le Cameroun. Il préfère parler de Boko Haram (connotation islamique) qui vient se ravitailler en bétail et autres provisions au Cameroun; de qui se moque-t-on ? . CHERS DIRIGEANTS DU CAMEROUN, ne perdez pas l’occasion de vous taire. Nous ne voulons plus des communications du genre « les gens venus d’ailleurs » pour la lutte et la victoire contre BOKO HARAM pardon contre la rébellion qui sera rude et longue.